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Eyes Wide Shut










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Eyes Wide Shut
Réalisé par Stanley Kubrick

:: EYES WIDE SHUT
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Eyes Wide Shut est Le testament de Stanley Kubrick. Au delà du film en lui-même, cette dernière oeuvre marque l'aboutissement de la trajectoire de son auteur en tant que réalisateur dans un ultime pied-de-nez.

L'importance de Eyes Wide Shut dépasse le cadre de son thème, de ses images fortes et de son casting. Kubrick se sert ainsi de son film comme véhicule pour semer des indices sur le cinéma, les réalisateurs, Stanley Kubrick et ce, nargant le 7ème art avec un 13ème film mené par le couple Star d'Hollywood.

L'intérêt du cinéaste pour ce film remonte à 1971, date à laquelle Warner Bros annonça l'adaptation de la nouvelle Traumnovelle d' Arthur Schnitzler comme successeuse à Orange Mécanique. Pourtant il faudra attendre la fin des années 90 pour que le projet prenne forme. Il est donc clair que ce film a été longuement prémédité, et que le perfectionnisme n'a laissé place à aucune diversion de la vision du réalisateur, comme en témoignent le tournage prévu de 12 semaines qui dura 2 ans et les 60-70 prises des scènes.

Pivot du film, et scène la plus forte et effrayante, l'orgie est le principal véhicule utilisé pour semer des indices évocateurs.

Eyes Wide Shut est tout d'abord l'aboutissement cinématographique de Kubrick, celui d'aller au bout de sa vision, là où l'arc-en-ciel se termine "where the rainbow ends" pour nous offrir son pot rempli d'or: une vision de la perversion graphique mais luxueuse. Il réalise un vieux rêve (fantasme) d'Hollywood, celui d'un grand film quasi-pornographique dirigé par un cinéaste respecté avec des acteurs stars d'Hollywood. Et le résultat est en fait plus poussé que Caligula qui malgré son casting et budget luxueux n'a jamais percé la limite de l'establishment. Kubrick en profite aussi pour moquer les enclaves cinématographiques, le réalisateur le plus respecté et le plus marginal du système employant le couple Cruise-Kidman qui incarne le glamour et les blockbusters d'Hollywood. Dans ce dernier film, le cinéaste, longtemps en marge revendique l'existence d'un cinéma unique et unifié où que ce soit d'art-et-d'essai ou grand public, un seul cinéma prévaut, un cinéma de qualité.

Eyes Wide Shut jète aussi un coup d'oeil sur la profession de réalisateur. Lorsque Tom Cruise arrive à l'orgie, il symbolise le métier de cinéaste et le masque qu'il porte la caméra. Le personnage déambule donc d'une salle à l'autre, tel un voyeur passif mais flirtant avec le désir d'être actif. Ce personnage visite des mondes qui ne sont pas les siens caché derrière son masque comme le cinéaste filmant des mondes imaginaires. Pourtant le fait que le Dr interprété par Cruise soit toujours à la limite entre le passif et l'actif, à travers son flirt avec les différentes prostituées, démontre qu'un réalisateur n'est jamais tout à fait étranger à ce qu'il filme, anihilant par la même la notion de distanciation de l'auteur par rapport à son oeuvre. Ce constant flirt du personnage avec l'interdit dénote ainsi de l'hypocrisie des cinéastes mettant en scène les fantasmes qu'ils ne peuvent assouvir dans la vrai vie.

Eyes Wide Shut est aussi un véhicule révélateur sur Kubrick. Ainsi au début du film, lorsque le personnage principal se laisse mener par deux jeunes mannequins et demande avec une innocence feinte où elles l'emmènent, celles-ci répondent "là où l'arc-en-ciel se termine" "where the rainbow ends", avertissement au spectateur que Kubrick va l'emmener à son ultime et plus extrême vision de son désir de cinéaste et d'homme. Et le fait que le film soit ce véhicule, cet arc-en-ciel, est confirmé par le nom du magasin de location de deguisements: "Rainbow". Le réalisateur s'identifie alors au personnage de Cruise. Alors que celui-ci doit absolument passer par le magasin "Rainbow" pour pouvoir aller au bout de ses fantasmes (il a besoin d'un déguisement pour pouvoir rentrer à l'orgie), Kubrick passe par son film, son "rainbow" pour aller au bout des siens et nous les dévoiler. Il va même plus loin sur l'hypocrisie de sa profession, et sur la sienne, lorsque le Dr et une prostituée s'embrassent à travers leur masque. Avec son masque (sa caméra) il embrasse hypocritement ses fantasmes (ce qu'il filme).

Toutes ces révélations sont donc dissimulées sous l'écorce d'un film aux thèmes plus académiques, jalousie et infidélité, montant son film comme un cas de sociologie où une vie parfaite n'a de fun et d'aboutissement que dans la perversion. Ainsi, la première scène où le Dr est dans la chambre de la prostituée comporte au premier plan un livre intitulé "Introduction à la sociologie" ("Introducing sociology"). Il est ainsi inutile d'essayer de remettre en cause le réalisme de son oeuvre, puisqu'un film de Kubrick ne peut exister que dans l'univers de Kubrick et que ses films servent principalement de véhicules à sa vision du monde.

Le film est enfin une porte à la respectabilité ouverte à ses acteurs, comme un ultime pied-de-nez du réalisateur à l'intelligentia qui l'adule. Tom Cruise et Nicole Kidman, plus habitués aux films populaires et à la presse à ragots, mettent dans ce film leur intimité et leurs salaires (durant les 2 ans de tournage ils ont dû refuser nombre de projets plus profitables) et toute leur confiance au service d'un directeur tout puissant. Si pour Nicole Kidman c'est un exercice d'acteur plus extrême, c'est aussi pour Cruise le moyen de détruire son image de golden boy et par la même tous les rôles qui l'ont rendu célèbre. Si il interprète son habituel personnage arriviste et conquérant qui a tout réussi, il se révèle aussi le plus sombre et le plus pervert sous ses airs angevins et établis. Ainsi chaque fois qu'il brandit sa carte de docteur dans le film afin de prouver qu'il ne fait rien de mal, alors que son seul but est l'orgie, c'est en fait Cruise qui détruit tous les personnages qu'il a incarné à ce jour. En clamant qu'il est Dr et donc un homme bon pour se justifier de ses buts plus sombres, il nous montre qu'en fait tous les personnages qu'il a incarné dans sa carrière sont faux, qu'il n'y croit pas et vous avertit de ne pas leur faire confiance. Quant aux autres acteurs de Pee Wee à Rade Serbedzija, en passant par Leelee Sobieski ils sont représentatifs de la non innocence du métier d'acteur, puisque par leurs rôles passés ou leur vie ont montré une tendace pour ce qui n'est pas correct dans notre société.

Que le film ait des défauts ou pas n'a que peu d'importance. Ce qui compte c'est que l'oeuvre, au-delà de sa forme de film, est le testament en images d'un Stanley Kubrick qui se livre dans toute sa nudité en tant qu'Homme et que cinéaste, nudité symbolisée à l'écran par celle de Nicole Kidman.

  Fred Thom

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