Monstres & Cie film critique Monstres & Cie film DVDMonstres & Cie Critique du film






Monstres & Cie













        :: Les Sorties
     :: Sur les Ecrans
     :: Agenda Sorties
     :: Sorties DVD
     :: Guide Previews
     :: Archive Critiques

<-- AdButler 120x90 Code was here -->

Gratuit - Les nouvelles critiques par e-mail
 
Powered by YourMailinglistProvider


Monstres & Cie
Réalisé par Peter Docter & David Silverman

Avec : John Goodman, Billy Crystal, Steve Buscemi, Mary Gibbs
Durée : 1:32
Pays : USA
Année : 2001
Web : Site Officiel
A Monstropolis, l'énergie électrique est fournie par la société Monstres & Cie, sorte de centrale nucléaire ultra-écolo. Les stars du moment sont Sully (le géant bleu) et Bob (le gros œil vert), qui sont dans la lutte pour décrocher le record de production de " cris d'enfants ", matière première utilisée pour alimenter la ville où habitent tous ces monstres.

On ne peut qu'être surpris devant la qualité visuelle de ce nouvel opus de Pixar qui surpasse largement leurs films précédents (Toy Story 1 et 2, 1001 pattes). Cette avancée dans la maîtrise des images de synthèse sert ici un scénario inventif. Monstres & Cie ose, ce qui est en soi une surprise, s'engouffre totalement dans un univers inédit, travaillé et que l'on continue de découvrir même jusqu'au dernier instant du film. Un mélange de classicisme pour les œils multiples des monstres et d'innovation pour leurs activités. Contrairement à Toy Story les adultes humains n'ont ici aucune place, et même les enfants ne sont pas les bienvenus dans Monstropolis.

C'est justement l'arrivée d'une petite fille dans la ville qui constitue le point de départ du film. Divertissant, ce film l'est assurément. Le fait qu'un gag se cache dans chaque plan ne l'oblige pas à exploiter un scénario basique et dénué d'intérêt. Tout d'abord, Monstres & Cie, c'est une histoire d'amitié prévisible mais efficace, entre cette Bouh (la petite fille) et Sully. En s'introduisant dans la ville de Monstropolis, Bouh remet en cause la peur viscérale de ses habitants envers les jeunes humains, et par-là même leurs lois théoriques les plus fondamentales. De plus les course-poursuite, ici entre monstres gentils et enfants terrifiants, sont toujours de bon supports pour des gags visuels faciles et un moyen narratif simple d'explorer un nombre important de lieux

La cohabitation entre gags à profusion et pamphlet discret sur les méthodes des films hollywoodiens rend Monstres & Cie délicat et jubilatoire. En effet, les portes utilisées, ici, par les monstres pour entrer dans le monde des humains, et plus précisément, directement dans les chambres d'enfants, ont la même fonction qu'un écran dans une salle de cinéma. Comme celui ci, elles servent de cadre existentiel aux acteurs (les monstres). Une analogie explicite faite dans le film dès les premières secondes et qui se poursuit, d'ailleurs, sur le site officiel du film. Elles permettent d'établir la connexion à sens unique entre le spectateur (l'enfant) et l'acteur. Ainsi, Monstres & Cie montre d'une manière subtile le besoin vital pour Hollywood de susciter l'émotion chez son public. Peu importe le moyen, l'efficacité passer avant tout, et, d'ailleurs, à l'instar des projections tests, la compagnie est également dotée de simulateurs, servant à tester les capacités des monstres-acteurs à faire réagir leur cible. Cette envie exacerbée de susciter une réaction précise entraîne des dérives, comme le recours à des moyens machiavéliques pour y parvenir mais aussi une classification des films produits, non pas en fonction de leur genre mais des émotions qu'ils provoquent. Une classification artificielle, où les sentiments deviennent une source d'énergie, un marché que l'on épuise petit à petit, constituant le principe même de la globalisation du cinéma, et de la " monoculture " que cela entraîne.

Il est intéressant de constater l'ironie de ce film. En effet, celui ci qui pourrait amplement être critiqué pour son caractère visuel artificiel et " acidulé ", se sert en fait de sa technicité pour battre à revers ce à quoi il contribue ! Bob et Sully se battront ensemble pour que le " méchant " de l'histoire échoue dans sa mise en place d'une machine à extraire les cris de manière forcée. A la fin de ce combat, dont on connaît déjà l'issue, ils opteront pour un retour à la vraie comédie, en lieu et place " d'effets spéciaux ". Un militantisme étonnant pour le métier de comédien (au sens le plus strict du terme).

Tout cela est possible grâce à l'aisance exemplaire dont fait preuve Pixar avec l'extraordinaire graphisme des images du film. Le seul pelage de Sully laisse plus d'un programmateur perplexe et le renvoi à ses manuels. Une maîtrise parfaite qui aboutit à un naturel visuel plaisant et nécessaire à la crédibilité du film. Cette fluidité rend possible l'attachement à l'ensemble des personnages, car ainsi le regard ne butte pas sur des mouvements bizarroïdes de personnages ou des textures trop artificielles (comme dans Toy Story où les humains souffraient de cet aspect peu naturel). Le mélodrame du film prend ainsi corps sans difficultés. Le récit a pour objectif de montrer que malgré l'effondrement progressif de la barrière entre monstres et enfants, le retour de Bouh dans son monde reste obligatoire. L'ambiguïté dans la relation entre acteur et spectateur passif, créée par le poids des images et leur influence sur celui qui les voit, permet l'élaboration d'un mélodrame qui offre la possibilité au film de finir à son sommet. Petit à petit les liens se forgent, et après la séparation inévitable, Sully garde un morceau de ce qui matérialise à la fois un souvenir et un espoir et lui offre la possibilité de potentiellement retrouver son idylle (de la même manière que dans A.I. le jeune robot garde une mèche dans cheveux de sa mère). Ce " morceau ", qui semble avoir tous les pouvoirs, sera la clé du problème, qui, enfin, inversera les rôles.

  François Quil






| Info Plume Noire | Contacts | Publicité | Soumettre pour critique |
| Rejoignez-Nous! | Chiffres-clés | Boutique | Mailing List | Charte |

Copyright ©1998-2006 LA PLUME NOIRE Tous droits réservés.


Monstres & Cie

Monstres & Cie
  AllPosters.com

Like Us On Facebook