critique du film La Fille Sainte DVD La Niña SantaLa Fille Sainte Critique du film [La Niña Santa]






La Fille Sainte













        :: Les Sorties
     :: Sur les Ecrans
     :: Agenda Sorties
     :: Sorties DVD
     :: Guide Previews
     :: Archive Critiques

<-- AdButler 120x90 Code was here -->

Gratuit - Les nouvelles critiques par e-mail
 
Powered by YourMailinglistProvider


La Fille Sainte
Réalisé par Lucrecia Martel

Avec : Maria Alché, Carlos Belloso, Mercedes Morán, Alejandro Urdapilleta
Scénario : Juan Pablo Domenech
Titre Original : La Niña Santa
Durée : 1:50
Pays: Argentine
Année : 2004
Site Officiel : La Fille Sainte
La Fille Sainte, second long métrage de Lucrecia Martel, remarquée avec La Cienaga, s'inscrit dans un renouveau du cinéma argentin, qui compte d'ores et déjà de dignes représentants comme Adrian Caetano (L'ours Rouge), Diego Lerman (Tan de Repente) ou bien encore Pablo Trapero (El Bonarense).

Lucrecia Martel signe un film étrange où sexualité et religion, pôles réputés inconciliables, tendent une fiction qui chemine subtilement jusqu'à un final cruel.

Amalia, une adolescente, vit avec sa mère divorcée dans un hôtel de cures thermales. Elle suit des cours de catéchisme, où il est question de vocation, du bien, du mal. La jeune fille en fleur, partagée entre sentiment du divin et désirs prosaïques, vit intensément cette période contradictoire de l'adolescence.

L'histoire, filmée sobrement par la réalisatrice, prend corps le temps d'un congrès de médecins. Alors qu'elle assiste dans la rue à un concert, Amalia sent un inconnu se presser contre elle. Plus tard, elle découvre qu'il s'agit du très estimé docteur Jano, qui donne une conférence dans l'hôtel où elle vit avec sa mère, la belle Héléna. Elle décide alors d'éprouver, au sens religieux du terme, le bon docteur, en rivalisant de séduction. Déconcertant, le film l'est à plus d'un titre. A commencer par sa forme, succession de tableaux, presque anecdotiques si l'on n'y prête pas garde, filmés en plans séquences la plupart du temps. Le spectateur doit se tenir à l'affût des indices d'une tragédie en marche, du vacillement imperceptible de ces personnages, ébranlés peu à peu dans leurs convictions et leurs valeurs. D'autre part, la psychologie et les motivations des personnages n'apparaissent pas d'emblée.

Au fur et à mesure que le récit progresse, les desseins de cette Lolita, version argentine, se précisent. Tiraillée entre sa sexualité naissante et ses aspirations spirituelles, Amalia veut percer à jour l'âme du médecin libidineux. Elle le suit jusque dans sa chambre, l'épie dans son sommeil, le traque sans répit, mesurant le trouble qu'elle exerce sur lui. En parallèle, une idylle naît entre sa mère et le docteur Jano, homme marié, dont la faiblesse passagère va lui être fatale. Pris entre ces deux tentatrices, le médecin ne succombe pas. Mais, sa chute est programmée, inéluctable. Il faut aller chercher le dernier plan pour évaluer et apprécier toute l'ambition et la qualité du projet de Lucrecia Martel, dont le filmage austère, à la limite de l'ennui, rebute. Amalia et son amie Josefina se baignent, insouciantes, dans un bassin aux vertus purificatrices. Elles chahutent et rient, monstrueuses d'inconséquence. Le contrechamp funeste à cette scène de baignade sensuelle vibre avec encore plus de force : la mort sociale du docteur Jano.

Martel livre là toute l'ampleur de son cinéma de la cruauté, qui trouve son contrepoint avec la douceur indolente de sa mise en scène. Déconcertant à première vue, La Fille Sainte se propose d'explorer le tréfonds de l'âme humaine, divisée ontologiquement entre spiritualité et désirs profanes.

  Sandrine Marques





| Info Plume Noire | Contacts | Publicité | Soumettre pour critique |
| Rejoignez-Nous! | Chiffres-clés | Boutique | Mailing List | Charte |

Copyright ©1998-2006 LA PLUME NOIRE Tous droits réservés.


La Fille Sainte DVD BO poster livre store
  AllPosters

Like Us On Facebook