Fight Club film critique Fight Club film DVDFight Club Critique du film






Fight Club













        :: Les Sorties
     :: Sur les Ecrans
     :: Agenda Sorties
     :: Sorties DVD
     :: Guide Previews
     :: Archive Critiques

<-- AdButler 120x90 Code was here -->

Gratuit - Les nouvelles critiques par e-mail
 
Powered by YourMailinglistProvider


Fight Club
Réalisé par David Fincher

David Fincher est un habile cinéaste. Avec seulement quatre films à son actif, le voilà déjà l’un des réalisateurs hollywoodiens les plus intéressants du moment. Venant de la pub et du clip, ses films bougent, mordent et collent davantage à l’esthétique de ces disciplines qu’à la plastique hollywoodienne. Heureusement, ses films ont plus à offrir qu’un simple look branché. Fincher explore avec vigueur la narration hollywoodienne, ne se gêne pas pour bousculer les conventions des genres qu’il affectionne et, de film en film, jongle avec quelques obsessions personnelles (la paranoïa, la fatalité, la mort). Son dernier film, Fight Club, est sans aucun doute son oeuvre la plus jouissive et expérimentale jusqu’à présent. Un film totalement fou aux sujets maîtrisés et où tous les thèmes, chers à Fincher, se retrouvent kaléidoscopés.


Un jeune cadre insomniaque (le superbe Edward Norton) voit sa vie bouleversée par la rencontre d’une fille suicidaire (Helen Bonham Carter) et de Tyler Durden (Brad Pitt), un marchand de savon anarchiste avec qui il mettra sur pied un réseau de combats clandestin. Voilà pour la prémisse du film. Cependant, Fight Club fait rapidement éclater cette prémisse pour explorer une multitude d’avenues toutes plus saugrenues les unes que les autres. Certes, présenter ces avenues dévoilerait bon nombre de surprises qui alimentent le film. Il est donc délicat de parler de Fight Club sans émousser tous les revirements tordus. Comme dans Seven (et tous les autres films de Fincher) les personnages se retrouvent pris dans un engrenage où ils devront s’investir au maximum pour s’en sortir, leurs actions les poussant vers un résultat catastrophique. Les films de Fincher optent pour une finale surprenante et Fight Club ne fait pas exception. Plus qu’un simple fantasme de scénariste, le punch final répond parfaitement au discours du film et ce, même si bon nombre de critiques américains affirment le contraire, accusant Fincher de se perdre en chemin. Sarcastique, le cinéaste a le culot de dévoiler le punch de son film dès le début. Par un long flash-back, le spectateur découvrira comment les personnages de Brad Pitt et Edward Norton en sont arrivés là. Mais la construction du film est plus qu’une longue dilatation temporelle. Un spectateur futé aura vite saisi l’identité de l’énigmatique Tyler Durden dès le générique du film.

Fight Club a les qualités de ses défauts. Ce qui aurait pu être le film gadget de l’année s’avère donc un véritable séisme dans le monde confortable de l’industrie hollywoodienne. L’amalgame de sujets discordants (les combats, la fabrication de savon, les groupes de soutien) peut apparaître comme un simple exercice de scénarisation répondant à la commande numéro un d’Hollywood : surprendre coûte que coûte le spectateur. Certes, le résultat est brouillon, mais c’est dans ce caractère quasi expérimental (pour un film de cette envergure) que réside la véritable jouissance. Loin d’être parfait, Fight Club répond d’abord à un besoin urgent de perdre l’équilibre, autant pour Fincher que pour ses acteurs et son public. Brad Pitt fait du Brad Pitt. Son image est précieusement étudiée afin de correspondre aux attentes de ses fans. En chien fou qu’il est, Brad Pitt offre une performance honnête en un Tyler Durden halluciné. Or, il ne décolle pas tout à fait de ses prestations antérieures (notamment dans Kalifornia de Dominic Sena et Twelve Monkeys de Terry Giliam). De plus, pour un film dénonçant la société de consommation, il est contradictoire et plutôt imbécile de voir cette idée subversive mise sur pied à coup de millions de dollars (65 pour être plus précis). Toute la plastique du film reflète une fin de millénaire au bord du chaos, un peu trop propre et soignée. De la garde-robe de Brad Pitt en passant par le décor de la maison abandonnée où habitent les personnages, tout est trop étudié afin de correspondre à une imagerie Hollywoodienne. Bref, derrière les grands discours et la folie ambiante, on sent la machine.

Toutefois, il serait stupide de bouder son plaisir. Mieux encore, cette plastique hollywoodienne fournit une jouissance de plus. Il est heureux de voir des stars de ce calibre s’en donner à coeur joie. Il est heureux de voir Brad Pitt se faire péter la gueule. Il est heureux de savourer tout le cynisme et la cruauté de certains dialogues. En fait, la grande force de Fight Club se trouve dans son état plus contradictoire que subversif. Retors, le film dénonce ce qu’il est. Une oeuvre hybride, faussement provocante, qui s’amuse à critiquer des codes cinématographiques et idéologiques qu’elle emploie abondamment. Comme pour les hommes du Fight Club se battant pour retrouver un semblant de dignité, un machisme maintenant disparu, le spectateur est confiné à savourer sa masculinité dans une salle obscure. Imperméable au discours du film, il s’amuse à jouer aux gros bras lors de la projection avant de redevenir le consommateur discipliné qu’il est à sa sortie du cinéma. Fight Club critique le système certes, mais il ne désire aucunement le changer. Fincher préfère rire d’une méthodologie envahissante qu’il fait sienne. Même si Brad Pitt crie sur tous les toits que le rôle de Tyler Durden est l’un de ses plus forts jusqu’à maintenant, il ne se débarassera pas de ses cartes de crédits pour autant. Fight Club est une grosse farce, une bande dessinée sur celluloïde. Il faudrait être complètement idiot pour se laisser endoctriner par le discours du film.

Le véritable choc que transporte avec lui Fight Club est sans aucun doute son «extrême» violence. Défendu au moins de 18 ans, Fight Club se voit taxé de film cruel, choquant, à la limite fasciste. Certes la violence du film est graphique. Le sang gicle, les dents tombent mais peu d’hommes sont tués. La violence ne se mesure pas nécessairement en nombre de cadavres mais il est tout de même intéressant d’examiner la représentation de la violence dans le cinéma hollywoodien. Étrangement, il semble normal de voir des brutes telles que Sylvester Stallone ou Jean-Claude Van Damme trucider plus d’une dizaine de personnages, le sourire aux lèvres, avant de balancer une réplique stupide. Serait-ce donc dans le discours anarchiste de Fight Club que résiderait la violence ? L’idéologie que véhiculent les films de Stallone n’est-elle pas anarchiste elle aussi ? Le tout est un autre débat, mais il est flagrant que l’hypocrisie hollywoodienne est une fois de plus dévoilée.

  Nicolas Handfield

     Panic Room




| Info Plume Noire | Contacts | Publicité | Soumettre pour critique |
| Rejoignez-Nous! | Chiffres-clés | Boutique | Mailing List | Charte |

Copyright ©1998-2006 LA PLUME NOIRE Tous droits réservés.


Fight Club
Poster Store

Like Us On Facebook